Label-Idées : Laurence Vanin - Philosophe

Edito

  • Leibniz et Hobbes : comment repenser la sécurité publique ?

     

    Après les événements qui viennent de toucher le cœur de la capitale, et les Français dans leur chair, il semble important de reconsidérer deux doctrines qui semblaient déjà au XVII ème siècle s’interroger sur la puissance de l’Etat, sa Souveraineté et la question de la sécurité.

    Effectivement, deux modes de légitimations politiques différents s'opposent au XVIIème siècle : une légitimation rationnelle appuyée sur une redéfinition de la loi de nature comme théorème de la sécurité publique chez Hobbes et une légitimation dynastique transfigurée par l'idée d'une jurisprudence universelle chez Leibniz. C'est pourquoi il est intéressant de s'interroger sur ce que Leibniz a appris de Hobbes pour élaborer cette nouvelle vision de la "cité de Dieu" aux dimensions qu'il avait de l'Europe contemporaine. Partant de leurs différentes conceptions de l'état de nature afin de fonder le politique et d'instaurer la société civile, il importait de souligner que la souveraineté contractuelle chez Hobbes fonde l'obéissance et la paix civile, alors que pour Leibniz, c'est en l'homme, assujetti au principe du meilleur, qu'il faut trouver une fraternité qui tend à l'universalité.

    Parallèlement à cette société civile où règne le Souverain, s'établit une société métaphysique des Esprits dont Dieu, monarque, se fait également juge suprême. Ainsi, une justice singulière et terrestre se réfère à une justice transcendante et universelle. Il importe donc d'évoquer le rôle de la loi et la manière dont la justice s'instaure en vertu de l'institution et de Dieu. Aussi est-il opportun d'observer que la pensée hobbesienne paraît investie de la réalisation d'une unité où tout concourt et qui passe par la constitution de l'Etat et que dans le système leibnizien est contenu en puissance la loi telle que Hobbes la définit dans le De Cive. Finalement, ces deux pensées s'affirment complémentaires et semblent, à deux degrés distincts, orientées par le principe du meilleur. Mais surtout elles nous permettent de mieux comprendre les enjeux de l’Europe actuelle.

    Laurence Vanin, philosophe, essayiste. Auteur de Leibniz et Hobbes. Réflexions sur la Justice et la Souveraineté. Editions Ovadia.

     

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  • Astronomie et Mathématiques

    Astronomie et mathématiques
    La conception de l'espace, du ciel n'a pas toujours été liée aux mathématiques. Dans les cités primitives, notamment, les hommes reliaient par crainte et superstition les phénomènes du ciel aux divinités et à des événements terrestres. Ce qui véhiculait également un ensemble d'interprétations fortuites qui tenaient lieu de justifications.

    Dès l'Antiquité grecque, on remarque que les philosophes proposèrent une conception géographique du ciel. Ils en établirent la carte. Par suite, Aristote perçut le mouvement des astres. Il pensait en effet, que l'univers était mu à l'origine par un principe "premier moteur de l'univers : Dieu". Ce dernier avait donc transmis cette animation, cette possible mobilité des astres et des choses. Ptolémée, quant à lui, défendait l'idée d'un monde conçu comme mouvement, avec en son centre : la Terre. Mais Copernic viendra changer cette conception de l'ordre des choses, ramenant le spectateur à son humilité : l'homme ne sera plus un simple observateur immobile devant un monde en plein mouvement. Il appartient à ce monde, il en est un des éléments parmi beaucoup d'autres. L'homme relativise alors sa place dans l'univers.

    Que s'est-il passé pour que cette conception du ciel à laquelle l'homme était rivé soit révisée ?

    Galilée a proposé une autre formulation de l'univers. Par le langage mathématique, il a affirmé une codification, une géométrisation des phénomènes perçus. Newton a, quant à lui, énoncé une loi de la gravitation universelle, pour expliquer le mouvement des astres.

    Ainsi, entre cette pensée antique et cette conception moderne, il ne faut pas tant noter ce qui est différent, mais plutôt, ce qui considérablement les unit : la notion de force. Mais, de toute évidence, les phénomènes, au risque de se confondre avec ce langage mathématique, de se réduire à l'équation, lui résistent.

    C'est pourquoi aujourd'hui, se donne à voir un espace plus grand, avec plusieurs mondes (ou galaxies) et nous pouvons affirmer un agrégat.

    Au lieu d'observer un univers dans un ciel, nous voyons des objets, tous singuliers.
    Ainsi l'histoire philosophique de l'astronomie révèle que trois grandes pensées l'ont marquée :
    - une conception antique qui évoquait déjà un paysage fini composé d'étoiles, conçu toutefois dans sa mobilité.
    - puis, une conception mathématique viendra balayer la réalité concrète du phénomène au profit d'une abstraction.
    - enfin, s'est substitué un paysage infini d'astres, en mouvement, concret : un univers de diversité et de singularité qui finalement s'exprime dans un langage physique et poétique.

    Ainsi, comme l'écrivait Mach : "La science ne se présente pas avec la prétention d'être une explication complète du monde, mais avec la conscience de travailler à une conception future de l'univers"

    .Triangulation

  • Pouvoir sans conscience n'est que ruine des peuples !

    Le pouvoir sans conscience n’est que ruine des peuples !

    Utilisez des OGM c’est modifier de manière irréversible la nature et la corrompre ! Jamais elle ne pourra retrouver son état premier. Elle se verra définitivement altérée, affectée par l’usage des OGM.

     Si les pesticides œuvrent comme des poisons qui viennent polluer et contaminer nos assiettes, les OGM modifient l’essence même de la Nature et l’impact de leur usage est beaucoup plus nocif car il comporte un caractère d’irréversibilité !

    Cet usage est d’autant plus irresponsable que les conséquences sur la santé et l’environnement ne sont pas encore totalement établies, ni connues. A l’heure des estimations ne correspond finalement que l’incertitude des hypothèses à venir. Comme si l’homme s’imaginait déjà détenir les ressources nécessaires pour lutter contre les fléaux de demain, comme s’il pouvait maîtriser les conséquences de ses propres dérives. Il joue à l’apprenti sorcier !

    « La technique met l’homme en péril, non seulement parce que les moyens techniques rendent désormais possible une destruction de l’espèce humaine tout entière, mais parce qu’elle menace, de manière bien plus profonde, l’essence pensante de l’homme, c’est-à-dire son rapport à l’être. » A. Boutot.

    A cela s’ajoute que les répercussions de l’emploi des OGM dépassent le cadre des assiettes, de l’homme, de l’animal pour toucher la Nature dans son ensemble. C’est contraindre la Création et le faire de manière définitive en violant le caractère sacré d’un espace/temps naturel où naît et se déploie spontanément la vie, puisque les effets se perpétueront sur plusieurs générations.

    C’est donc en réfléchissant aux menaces qui pèsent sur notre équilibre et celui de la nature que chacun peut finalement entrevoir la responsabilité qui est la sienne. Refuser et rejeter le système proposé et imposé !

    Comment tous ces décideurs, politiques et acteurs de la grande chaîne alimentaire envisagent-ils leur responsabilité, eux qui engagent la totalité de la vie, y compris celle des générations futures ? A force de nier les évidences le pouvoir de certains hommes et celui de l’argent vont devenir de véritables malédictions…

    Pourquoi ? Parce que le pouvoir se devait d’être éclairé et que l’argent devait servir à l’amélioration de la qualité de la vie et contribuer à la bonne santé. Si Jonas rappelait la nécessité d’une Ethique, il disait aussi que la peur pourrait aider à raisonner les esprits. Le problème c’est qu’il n’est plus question ici d’un catastrophisme fantaisiste, la réalité révèle les dérives et les dangers des politiques économiques qui mènent à la malbouffe et à la « contamination » collective. Manger moins et mieux serait sans doute la solution… Mais il faut nourrir l’industrie qui porte ces projets absurdes et financer les complices : la recherche, les agriculteurs, les politiciens… Alors qu’avec un peu de bon sens chacun préfèrerait voir la recherche se consacrer à la lutte contre les maux qui affectent la santé, et voir les agriculteurs revenir à un respect de la Terre. Le sens de la Terre voilà, ce dont il est actuellement question, car l’homme se détourne de la Nature et l’hyperconsommation ne le rend pas plus heureux. Tout cela ruine ses espérances et son horizon s’obscurcit.

    A moins qu’il ne soit devenu inconscient ?

    Laurence Vanin. Philosophe, vient de publier un ouvrage : Leibniz et Hobbes : Réflexions sur la justice et la souveraineté aux Editions Ovadia.

     

    http://www.consommateurspascobayes.com/images/pdf/OGM-TRANSPARENCE-LAURENCE-VANIN.pdf

    Bandomais